PRESSE

Zoom : Ils s'appellent Jean-Yves Leloup, Jacques Salomé, Marie de Hennezel, Henri Gougaud, Christiane Singer ou Guy Gilbert, et ils ont accepté de dire ce qu'est leur vie, leur quête de sens devant la caméra de Jean-Jacques Roudière. Cinquante minutes de tournage : " Il n'y aura que ce moment-là, nous n'y reviendrons pas !", explique le réalisateur, qui traque ses invités dans leurs émotions les plus infimes - larmes, tremblement d'une lèvre : "Je filme, dit-il, un paysage humain. Au-delà de la parole, j'essaie de capter tous les langages avec lesquels chacun tente de communiquer le dicible et l'indicible.". Critères de sélection des invités : vie fortement ancrée dans la réalité et profondeur spirituelle. Dix-huit titres existent. Sur les trois vidéos visionnées, le résultat est toujours étonnant, souvent émouvant, même si parfois l'intervenant en fait un peu trop. À voir.

Catalogue "DG DIFFUSION"
Collection complète disponible pour les professionnels

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Un septième art spirituel
Projection de films et débats sur le sens de la vie

Comment mettre la foi en images? Comment faire passer sur écran un message transcendant? Voici les questions auxquelles tentent de répondre tous les réalisateurs
invités ce printemps aux rencontres de l'association Film
et spiritualité.

Parmi eux, Jean-Jacques Roudière présentera, le 10 avril, trois portraits sensibles et exigeants de Henri Gougaud, Marie de Hennezel et du prêtre Guy Gilbert qui ont, en effet, donné le meilleur d'eux-mêmes, sous l'œil de sa caméra. D'ailleurs, dans la collection de vidéos réalisées par Roudière, le principe est toujours le même : permettre à un témoin de partager, sans décor ni fioriture, sa vocation et son expérience de la vie, des blessures comme des joies.

INTERVIEW DANS «TERRE DU CIEL»

JEAN-JACQUES ROUDIÈRE
"Je me mets au service
de personnes qui sont
elles-mêmes au service. "

Vous êtes connu pour vos films,
interviews de personnalités qui
sont dans le droit fil de ce qui
intéresse TERRE DU CIEL. D'où vous vient le professionnalisme qui soustend vos réalisations ?

Pour échapper aux études tech-
niques et scientifiques vers lesquelles on m'avait dirigé, j'ai suivi les cours d'une école de hotographie. J'en suis sorti avec quelques prix dans des concours nationaux, ce qui m'a donné la conviction que j'étais capable d'ex primer quelque chose, et donc un début de confiance en moi.
J'ai voulu ensuite vivre le rêve qui
m'avait permis de traverser au moindre mal les années d'emprisonnement de l'internat : la mer, les voiliers, les voyages... J'ai navigué durant cinq années et suis devenu skipper, convoyant toutes sortes de bateaux, dans des situations parfois difficiles, mais connaissant aussi des moments
merveilleux. J'éprouvais le besoin d'aller au bout de moi-même en me
confrontant à la nature, en recherchant les tempêtes, et je me suis alors trouvé face à face avec la mort. A accepter la peur, la mort et trouver les énergies nécessaires pour survivre, une fois à terre on est un autre homme. Je m'étais dirigé vers les bateaux comme les petites tortues vont vers la mer. Il fallait absolument que je naisse.

Comment êtes-vous devenu un professionnel de la caméra ?
J'ai travaillé d'abord pour une socié-
té de production de films de sports de nature, car je connaissais aussi la montagne pour y être né, et j'étais bon skieur. Puis j'ai participé, en tant qu'assistant cameraman, à une expédition en Alaska, où une célébrité du monde de la montagne devait descendre à skis la face nord du McKinley, sur 5000 m de pentes glaciaires très abruptes, dans une confrontation forte avec les éléments, une course à l'exploit, avec la nécessité de rapporter un beau film.
Une réflexion a commencé à naître en moi sur le côté superficiel des tournées de conférences, avec les kilomètres parcourus, la répétition incessante des mêmes choses, la rencontre à la fois de beaucoup de gens et de personne en particulier.
Je suis alors entré dans un projet
personnel pour, au début des années
80, réaliser un film avec un guide de
haute montagne, passionné aussi de
cinéma. Il voulait tourner un film sur
son frère, trisomique, avec qui il réalisait des choses exceptionnelles en montagne. Nous avons travaillé trois ans à la préparation de ce document, notre souhait étant de montrer ce handicapé qui vit dans un monde de rêve, où il paraît presque constamment heureux, sans occulter pour autant les difficultés liées au manque d'autonomie.
Les trisomiques sont, la plupart du
temps, dans un rapport quasi constant à l'universel, surtout quand ils sont ainsi accompagnés par quelqu'un qui veille à leur bonheur. Ce sont des êtres qui sont dans le présent, et c'est une grande beauté de partager cela avec eux. Nous avions mis au service de ce film tout ce que nous avions appris en montagne, afin que le public regarde
pendant trois-quarts d'heure ce garçon vraiment en face. Ce fut là le départ de mes préoccupations actuelles.

Vous avez donc poursuivi vos activités dans le cinéma ?
Oui, mais entre-temps il y avait eu
la confrontation avec la mort, en mon-
tagne et plus encore en mer où il m'est arrivé, une fois au moins, au cours d'une très grosse tempête, d'accepter véritablement de mourir.
A la suite de cela j'ai connu une expérience intérieure profonde, grâce à un ami qui m'a guidé et qui à l'époque était pour moi une sorte de maître. Après une soirée en sa compagnie j'ai véritablement connu ce contact avec l'universel dont on ne revient jamais pareil. J'ai vécu cela en conscience, au cours d'un abandon de moi-même, de mes peurs.
A partir de là, ma route a pris une
direction plus précise et il y avait
désormais des choses auxquelles je me refusais. Je ne pouvais qu'être au service de cette lumière avec laquelle j'avais été en contact.

Cette notion de service résumerait votre changement d'attitude à l'égard du monde extérieur ?
Tout est donné dans ces moments-
là, et on passe ensuite des années à
mettre en forme, en mots tout ce qu'il a été donné de percevoir. Désormais, je détestais souvent ce que je filmais, et je me suis alors brouillé avec tout le monde en me permettant de dire ce que je pensais à la production.

Votre regard ayant changé, vous
n'avez plus vécu les choses de la
même façon. Cependant, je pense
qu'il a fallu du temps pour que la vie extérieure elle aussi s'aligne...

Il y a eu ensuite d'autres expériences, ni aussi grandes ni aussi totales, mais pourtant puissantes et qui
m'apportaient comme une nouvelle
inspiration. Après ce genre d'expérience, lorsqu'on revient dans la matière et qu'il faut se remettre au travail, la difficulté est grande parce que l'incohéren ce se révèle. On fait de son mieux pour incarner cette conscience, sans être toujours à même de le faire. Il faut bien passer par l'inconscience pour devenir
conscient. Cela a commencé par l'acceptation de ce qui m'avait été donné, parce que pendant longtemps j'avais refusé les cartes que la vie m'avait offertes, mes cartes.

Professionnellement, comment
votre travail a-t-il alors évolué ?

J'ai rompu avec mon expérience de
cameraman, qui m'apportait des revenus intéressants et où j'aurais peut-être pu faire carrière. Il fallait maintenant que je fasse passer quelque chose lorsque je filmais. Au cours d'une expérience particulièrement négative, au Mali, je ne me suis pas du tout retrouvé dans ce que je faisais et j'ai rompu avec ce milieu.

Après l'expérience réussie avec le
garçon trisomique, vous auriez pu réaliser les films que vous aimiez pour délivrer le message qui était le vôtre ?

II y aurait là toute une réflexion à
développer sur l'outil télévision,
puisque j'avais été confronté à ce
monde. Le film avec le trisomique avait reçu quatorze prix internationaux et nous avions même réalisé la version anglaise, mais tout cela ne rapportait rien sur le plan financier et ne donnait en aucun cas la possibilité de produire autre chose, parce que nous ne faisions
pas partie de la télévision. Les producteurs qui s'y retrouvent, et très largement, sont ceux qui sont passés par le système, s'y sont rendus indispensables, et qui en sortent pour devenir leurs propres producteurs, avec les bénéfices que l'on connaît maintenant suite à différentes enquêtes...

Suite

J'ai alors décroché pour me consa-
crer un temps à l'écriture d'un scéna-
rio. J'avais foi en ce que j'écrivais mais je n'avais ni l'élan, ni la puissance, ni la stature pour trouver le financement nécessaire. J'ai repris mon appareil photo et je suis allé vivre dans la jungle. J'en avais envie depuis très longtemps et j'étais très attiré par les peuples dits primitifs. Cela m'a conduit en Malaisie, chez les Sénoïs, un peuple dont le pivot culturel est la dimension onirique, et surtout j'ai pu vivre quelque temps, malgré les interdits, avec une poignée de Négritos Batek, nomades de la forêt. Je souhaitais vivre aussi très près de la nature et, en trois séjours étalés sur quatre ans, j'ai passé un an en Malaisie.

Y avait-il alors chez vous un désir
de recherche personnelle sur l'humain, ou bien la motivation était-elle purement d'ordre professionnel ?

J'éprouvais le besoin de me reposi-
tionner professionnellement, de trou-
ver en fait une voie plus proche de
moi, plus légère. Cette démarche d'aller ainsi vivre dans une tribu de la
jungle, d'y passer par tous les problèmes de langage, avec le recul, je peux dire qu'en fait c'était la recherche du père qui m'avait manqué dans ma jeunesse. J'aime profondément mon père, mais j'ai été longtemps en conflit avec lui et il ne pouvait être vraiment présent lorsque j'étais enfant. Il assurait parfaitement bien le côté matériel des choses, mais pour le reste il était absent. Affectivement, je n'ai pas eu de père, même si, je le constate maintenant, il m'a donné certaines clés, et pendant longtemps j'ai cherché à combler cette absence.

J'ai constaté qu'en général les personnes qui ont une expérience intérieure de la force et de la nature de celle dont vous avez parlé tout à l'heure reçoivent une réponse à toutes leurs
questions profondes.

Peut-être y avait-il chez moi un
besoin de partager. Quand bien même on a eu une expérience comme celle évoquée, qui nous met en connexion, on est dans la chair et on a besoin de partager les choses. C'est en tout cas ce que j'éprouve. Je n'ai effectivement pas vécu l'expérience de me retirer dans une grotte pour vivre cela tout seul.
L'expérience dont j'ai parlé est celle
d'un éveil, c'est le début d'un chemin
conscient vers la réalisation Votre
interview d'Yvan Amar à ce propos
me parle beaucoup.

Jean-jacques Roudiere lors
du tournage du film 'Patience brûlante" avec Christiane Singer

Oui, mais après, comme vous l'avez très bien dit, on est dans le service, dans le don, et non plus dans la demande, qui s'exerçait auparavant dans les relations et les voyages...
J'avais là simplement un besoin fort de vivre l'expérience de la tribu, sans doute parce que je ne l'avais pas vécue dans me famille :
être au milieu des gens, les toucher, être touché, parler avec les yeux, avec les mains, rire avec les enfants, aller se baigner ensemble, les accompagner à la chasse et partager une nourriture simple. J'ai été ébloui par la beauté de cette vie. Je n'aurai jamais cru pouvoir vivre de façon aussi intense. J'ai découvert alors en quelque sorte le média que j'étais, et j'ai accepté cet élan en moi. J'ai eu à une époque une réflexion profonde sur le rôle du média : qu'est-ce qu'un vrai média qu'est-ce qu'être au service en tant que média, comment puis-je l'être ?...
Je me suis mis un temps à l'écart,
mais quelque chose me faisait mal à
l'intérieur, car je n'étais pas sur ma
ligne, et j'y suis revenu en le demandant, en une sorte de prière.
Je me disais qu'avec ce que la vie
m'avait donné, je devais pouvoir trouver une idée qui me permette de me réaliser seul, avec mes seuls moyens. Il me fallait trouver l'idée qui soit à la hauteur de ce que la vie m'avait donné. Les choses sont alors
venues. J'entendais en moi le conseil
de simplifier au maximum. J'ai eu
la conviction qu'il fallait procéder
ainsi, avec le maximum de simplicité,
comme par défi au système
qu'incarnait la télévision, incapable de réaliser la même chose, tellement c'est simple...

L'idée d'une série de portraits vous est alors venue ?
Au début, j'ai travaillé avec une
seule personne, avec laquelle j'ai fait
des brouillons, des maquettes, et j'ai eu une matière sur laquelle travailler,
réfléchir, peiner... mais aussi être en joie.
Le potier, à un certain moment en
a assez d'imaginer des pots et il faut
qu'il touche la terre... J'ai travaillé lon-
guement avec cet homme, qui m'est
cher et au contact de qui j'ai connu un
grandir. Cette expérience m'a permis
de garder mon positionnement, de
trouver une sorte de centrage. Dans la réalisation de cette série de vidéos, je vais à la rencontre d'un autre, de sa différence, de tout ce qu'il est, mais en restant moi-même, même si j'entre en complicité avec mon sujet.
Je sentais qu'il y avait des gens por-
teurs de choses fortes, et que peu de
médias étaient à ce service. Il fallait
donner la parole à ceux qui sont por-
teurs de ces vibrations que je recon-
nais, dont je me sens également traversé. C'est en leur donnant la parole, "l'antenne", que je m'exprime aussi, en devenant complémentaire dans une action commune.

Suite

Je me mets au service de personnes
qui sont elles-mêmes au service. J'ai
ainsi découvert la dimension du chevalier. L'énergie qui me traverse, une certaine maturité, du fait de mes rencontres avec la nature, des hommes, des femmes, mes échecs aussi bien sûr, mes " galères ", j'aspire à être de plus en plus attentif à la mise en cohésion de tout cela, dans le service. Il me faut donc chercher mes rois, mes princes...

Comment avez-vous évolué dans le choix des personnes au service desquelles vous vous êtes placé ?
Le fait que l'on soit centré permet
d'entrer dans l'aura de quelqu'un, d'en extraire le positif pour soi sans pour autant se laisser " prendre ".J'ai tout de même mis parfois du temps à revenir à moi. C'est un peu comme tomber amoureux... A un moment donné, avec la personne avec laquelle j'avais commencé, j'ai senti que je ne pouvais plus avancer, et je me suis alors mis à l'écoute d'autres personnes. J'ai rencontré Bernard Moitessier, dont j'étais une sorte de fils spirituel, comme tant d'autres, par la façon que j'avais eue de naviguer. En effet, même si j'ai convoyé de beaux bateaux, rapides, je n'ai jamais fait de course. Moitessier
exprimait simplement la beauté de la
vie. Il était très soucieux de la santé de la planète, et participait comme il le pouvait à l'évolution de la conscience planétaire. Il faisait régulièrement des gestes symboliques dans ce sens, et
c'était comme des ballons lâchés dans l'atmosphère. Je suis sûr que certains volent encore. Nous sommes restés longtemps en contact. Il n'a pas voulu, pas osé... Et puis il nous a quittés. C'est au fil de cette rencontre que j'ai véritablement posé l'axe de la collection de films telle qu'elle est maintenant.
Chacun d'entre nous est porteur de
quelque chose, et je sais qu'au fond je pourrais tourner un film avec tout le
monde. Je ne suis pas à la recherche
des sages, je ne suis pas forcément à la recherche de la bonne parole...

Ce dont vous ne voulez pas,
semble-t-il, ce sont des enseignants spirituels professionnels, mais des gens chez qui cette dimension est présente et qui l'incarnent dans toutes sortes de domaines ?

Ce que je souhaite filmer à chaque
fois c'est cette lumière, cette grandeur d'âme qui nous habite tous, mais il faut faire un choix car j'ai envie que quelque chose de fort passe et que cela aide celui qui va recevoir.

Le choix de votre méthode vous
oblige à choisir des gens forts dans l'expression orale et, automatiquement, on a affaire à des professionnels... On est loin du cas du menuisier-ébéniste qui a une expérience intérieure qu'il exprimerait dans son métier.

C'est exact, mais ce cas est aussi
dans mes rêves. Je ne sais pas jusqu'où me mènera cette collection. La porte est ouverte. De plus en plus, le silence intervient, et il y a des silences qui peuvent être très forts à l'image. J'essaie d'imaginer un film avec quelqu'un qui ne parlerait pas. Que se passerait-il ?
J'essaie à travers cet outil de faire passer l'indicible.

Vous voulez faire passer l'indicible, mais vous n'avez pas encore réussi à le faire sans les mots...
Il n'y a pas que les mots. Je filme un
paysage humain, placé dans un
contexte très difficile. Je joue avec par la façon dont je prépare les gens, dont je les accueille, par mon attitude qui n'est pas la même d'un interlocuteur à l'autre, parce qu'il se passe alors quelque chose en moi, différent à chaque fois. J'ai commencé à filmer les gens dans un environnement qui leur est familier, et c'est au cours de cette expérience que j'ai décidé de les installer dans un lieu qui leur enlève tout repère, qui les oblige à l'humilité.
Même s'ils sont déjà humbles, cela ne peut pas faire de mal.... De plus, parce que je tiens à la qualité professionnelle, l'équipement nécessaire est très lourd...

Cela tient au choix technique que
vous avez fait, puisque d'autres, avec un matériel très réduit, parviennent à filmer des choses étonnantes parce que très vraies.

Je me souviens de cette phrase qui
circule dans le milieu professionnel :
" Beaucoup de réalisateurs sont devenus célèbres en prenant la caméra sur l'épaule, et le sont restés en la posant sur le pied "... Aujourd'hui, je travaille dans un contexte qui est le plateau de
télévision, avec l'équipe la plus professionnelle possible. C'est ce qui permet cette ambiance particulière où les gens sont obligés d'aller puiser dans leur authenticité, sinon cela sonne faux de suite car rien derrière ne vient les porter.

Comment voyez-vous l'avenir de ce que vous faites ?
J'essaie avant tout de voir comment
je peux mieux aider, car c'est ce qui
me donne la force de continuer. Il ne
suffit pas seulement d'avoir de l'argent pour cela. Je m'offre simplement le luxe de faire 45 mn de plan-séquence dans une ambiance que je sacralise de plus en plus. Je mets toute mon énergie et ma foi pour y capter quelque chose, et le transmettre fidèlement.

FLASH TOULOUSE
Octobre 1995

Voyage au cœur de l'humain
UNE COLLECTION VIDEO
DU REALISATEUR
JEAN-JACQUES ROUDIERE

Drôle d'aventure dans laquelle s'est lancée Jean-Jacques Roudière.
L'Ariégeois est successivement photographe, skipper professionnel, cadreur et réalisateur vidéo spécialisé dans les films de montagne. Il obtient dans le domaine un réel succès en coréalisant avec Pierre-Antoine Hiroz "je veux le soleil debout" qui récolte 14 prix dans les festivals internationaux. Malgré ce succès et des ventes aux USA, en Angleterre, au Canada, il se lasse de passer son temps à chercher perpétuellement les moyens de tourner un nouveau film. “J'avais envie d'entreprendre une aventure plus personnelle. Je suis sensible à la vie du monde, aux difficultés de notre époque. Je suis persuadé que cela ne pourra changer que s'il y a un réveil profond en chacun de nous. De là est partie l'idée d'une collection vidéo : je me laisse attirer par des gens qui ont une démarche d'éveil, je leur propose de prendre la parole de manière libre. Je les filme de la manière la plus sobre pour laisser toute sa place à leur expérience de vie”. Une paille ! Rien de plus simple que de monter tout seul une collection, sans réseau de distribution, sans l'appui d'une boîte de production !

Jean-Jacques Roudière a cette passion et cette foi qui déplacent les montagnes. A moins, tout simplement qu'il ne se soit pas apercu que son aventure était impossible. Du coup, il l'a accomplie. Il a à ce jour enregistré 10 cassettes. Pour ses interlocuteurs, un sujet imposé : “à partir de vos expériences les plus fortes, vous pouvez exposer vos prises de consciences les plus belles, pour les autres”. Le réalisateur choisit ses sujets sur deux critères essentiels, il faut qu'ils aient une vie fortement ancrée dans la réalité, qu'ils soient engagés dans le siècle, il faut qu'ils aient également une profondeur spirituelle. “Ce sont des personnes qui se sont imposées à moi par des lectures, ils m'apparaissent comme des chevaliers modernes, des Don Quichotte. Ils ont un idéal de vie. Cette collection me semble un geste utopique, idéaliste. Elle veut interpeller les gens, dire : regardez-vous les uns les autres”. Jean-Paul Raffit a signé la plupart des musiques originales des génériques.

 

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