Zoom
: Ils s'appellent Jean-Yves Leloup, Jacques Salomé, Marie
de Hennezel, Henri Gougaud, Christiane Singer ou Guy Gilbert, et ils ont
accepté de dire ce qu'est leur vie, leur quête de sens devant
la caméra de Jean-Jacques Roudière. Cinquante minutes de
tournage : " Il n'y aura que ce moment-là, nous n'y reviendrons
pas !", explique le réalisateur, qui traque ses invités
dans leurs émotions les plus infimes - larmes, tremblement d'une
lèvre : "Je filme, dit-il, un paysage humain. Au-delà
de la parole, j'essaie de capter tous les langages avec lesquels chacun
tente de communiquer le dicible et l'indicible.". Critères
de sélection des invités : vie fortement ancrée dans
la réalité et profondeur spirituelle. Dix-huit titres existent.
Sur les trois vidéos visionnées, le résultat est
toujours étonnant, souvent émouvant, même si parfois
l'intervenant en fait un peu trop. À voir.
Catalogue "DG
DIFFUSION"
Collection complète disponible pour les professionnels
DG DIFFUSION - rue Max Planck - BP 734 - 31683
Labège cedex - France
Tel. : 00 33(0) 5 61 000 999 - Fax : 00 33(0) 5 61 00 23 12
E. mail : dg@dgdiffusion.com
- Site Internet : www.dgdiffusion.com
Code DILICOM : 301 22647 40000
Un septième art spirituel
Projection de films et débats sur le sens de la vie
Comment mettre la foi en images? Comment faire
passer sur écran un message transcendant? Voici les questions
auxquelles tentent de répondre tous les réalisateurs
invités ce printemps aux rencontres de l'association Film
et spiritualité.
Parmi eux, Jean-Jacques Roudière présentera,
le 10 avril, trois portraits sensibles et exigeants de Henri Gougaud,
Marie de Hennezel et du prêtre Guy Gilbert qui ont, en effet,
donné le meilleur d'eux-mêmes, sous l'œil de
sa caméra. D'ailleurs, dans la collection de vidéos
réalisées par Roudière, le principe est toujours
le même : permettre à un témoin de partager,
sans décor ni fioriture, sa vocation et son expérience
de la vie, des blessures comme des joies.
INTERVIEW
DANS «TERRE DU CIEL»
JEAN-JACQUES
ROUDIÈRE
"Je me mets au service
de personnes qui sont
elles-mêmes au service. "
Vous êtes connu pour vos films,
interviews de personnalités qui
sont dans le droit fil de ce qui
intéresse TERRE DU CIEL. D'où vous vient le professionnalisme
qui soustend vos réalisations ?
Pour échapper aux études tech-
niques et scientifiques vers lesquelles on m'avait dirigé,
j'ai suivi les cours d'une école de hotographie. J'en suis
sorti avec quelques prix dans des concours nationaux, ce qui m'a
donné la conviction que j'étais capable d'ex primer
quelque chose, et donc un début de confiance en moi.
J'ai voulu ensuite vivre le rêve qui
m'avait permis de traverser au moindre mal les années d'emprisonnement
de l'internat : la mer, les voiliers, les voyages... J'ai navigué
durant cinq années et suis devenu skipper, convoyant toutes
sortes de bateaux, dans des situations parfois difficiles, mais
connaissant aussi des moments
merveilleux. J'éprouvais le besoin d'aller au bout de moi-même
en me
confrontant à la nature, en recherchant les tempêtes,
et je me suis alors trouvé face à face avec la mort.
A accepter la peur, la mort et trouver les énergies nécessaires
pour survivre, une fois à terre on est un autre homme.
Je m'étais dirigé vers les bateaux comme les petites
tortues vont vers la mer. Il fallait absolument que je naisse.
Comment êtes-vous devenu un
professionnel de la caméra ?
J'ai travaillé d'abord pour une socié-
té de production de films de sports de nature, car je connaissais
aussi la montagne pour y être né, et j'étais
bon skieur. Puis j'ai participé, en tant qu'assistant cameraman,
à une expédition en Alaska, où une célébrité
du monde de la montagne devait descendre à skis la face
nord du McKinley, sur 5000 m de pentes glaciaires très
abruptes, dans une confrontation forte avec les éléments,
une course à l'exploit, avec la nécessité
de rapporter un beau film.
Une réflexion a commencé à naître en
moi sur le côté superficiel des tournées de
conférences, avec les kilomètres parcourus, la répétition
incessante des mêmes choses, la rencontre à la fois
de beaucoup de gens et de personne en particulier.
Je suis alors entré dans un projet
personnel pour, au début des années
80, réaliser un film avec un guide de
haute montagne, passionné aussi de
cinéma. Il voulait tourner un film sur
son frère, trisomique, avec qui il réalisait des
choses exceptionnelles en montagne. Nous avons travaillé
trois ans à la préparation de ce document, notre
souhait étant de montrer ce handicapé qui vit dans
un monde de rêve, où il paraît presque constamment
heureux, sans occulter pour autant les difficultés liées
au manque d'autonomie.
Les trisomiques sont, la plupart du
temps, dans un rapport quasi constant à l'universel, surtout
quand ils sont ainsi accompagnés par quelqu'un qui veille
à leur bonheur. Ce sont des êtres qui sont dans le
présent, et c'est une grande beauté de partager
cela avec eux. Nous avions mis au service de ce film tout ce que
nous avions appris en montagne, afin que le public regarde
pendant trois-quarts d'heure ce garçon vraiment en face.
Ce fut là le départ de mes préoccupations
actuelles.
Vous avez donc
poursuivi vos activités dans le cinéma ?
Oui, mais entre-temps il y avait eu
la confrontation avec la mort, en mon-
tagne et plus encore en mer où il m'est arrivé,
une fois au moins, au cours d'une très grosse tempête,
d'accepter véritablement de mourir.
A la suite de cela j'ai connu une expérience intérieure
profonde, grâce à un ami qui m'a guidé et
qui à l'époque était pour moi une sorte de
maître. Après une soirée en sa compagnie j'ai
véritablement connu ce contact avec l'universel dont on
ne revient jamais pareil. J'ai vécu cela en conscience,
au cours d'un abandon de moi-même, de mes peurs.
A partir de là, ma route a pris une
direction plus précise et il y avait
désormais des choses auxquelles je me refusais. Je ne pouvais
qu'être au service de cette lumière avec laquelle
j'avais été en contact.
Cette notion de service résumerait
votre changement d'attitude à l'égard du monde extérieur
?
Tout est donné dans ces moments-
là, et on passe ensuite des années à
mettre en forme, en mots tout ce qu'il a été donné
de percevoir. Désormais, je détestais souvent ce
que je filmais, et je me suis alors brouillé avec tout
le monde en me permettant de dire ce que je pensais à la
production.
Votre regard ayant changé, vous
n'avez plus vécu les choses de la
même façon. Cependant, je pense
qu'il a fallu du temps pour que la vie extérieure elle
aussi s'aligne...
Il y a eu ensuite d'autres expériences, ni aussi grandes
ni aussi totales, mais pourtant puissantes et qui
m'apportaient comme une nouvelle
inspiration. Après ce genre d'expérience, lorsqu'on
revient dans la matière et qu'il faut se remettre au travail,
la difficulté est grande parce que l'incohéren ce
se révèle. On fait de son mieux pour incarner cette
conscience, sans être toujours à même de le
faire. Il faut bien passer par l'inconscience pour devenir
conscient. Cela a commencé par l'acceptation de ce qui
m'avait été donné, parce que pendant longtemps
j'avais refusé les cartes que la vie m'avait offertes,
mes cartes.
Professionnellement, comment
votre travail a-t-il alors évolué ?
J'ai rompu avec mon expérience de
cameraman, qui m'apportait des revenus intéressants et
où j'aurais peut-être pu faire carrière. Il
fallait maintenant que je fasse passer quelque chose lorsque je
filmais. Au cours d'une expérience particulièrement
négative, au Mali, je ne me suis pas du tout retrouvé
dans ce que je faisais et j'ai rompu avec ce milieu.
Après l'expérience
réussie avec le
garçon trisomique, vous auriez pu réaliser les films
que vous aimiez pour délivrer le message qui était
le vôtre ?
II y aurait là toute une réflexion à
développer sur l'outil télévision,
puisque j'avais été confronté à ce
monde. Le film avec le trisomique avait reçu quatorze prix
internationaux et nous avions même réalisé
la version anglaise, mais tout cela ne rapportait rien sur le
plan financier et ne donnait en aucun cas la possibilité
de produire autre chose, parce que nous ne faisions
pas partie de la télévision. Les producteurs qui
s'y retrouvent, et très largement, sont ceux qui sont passés
par le système, s'y sont rendus indispensables, et qui
en sortent pour devenir leurs propres producteurs, avec les bénéfices
que l'on connaît maintenant suite à différentes
enquêtes...
Suite
J'ai alors décroché
pour me consa-
crer un temps à l'écriture d'un scéna-
rio. J'avais foi en ce que j'écrivais mais je n'avais ni
l'élan, ni la puissance, ni la stature pour trouver le
financement nécessaire. J'ai repris mon appareil photo
et je suis allé vivre dans la jungle. J'en avais envie
depuis très longtemps et j'étais très attiré
par les peuples dits primitifs. Cela m'a conduit en Malaisie,
chez les Sénoïs, un peuple dont le pivot culturel
est la dimension onirique, et surtout j'ai pu vivre quelque temps,
malgré les interdits, avec une poignée de Négritos
Batek, nomades de la forêt. Je souhaitais vivre aussi très
près de la nature et, en trois séjours étalés
sur quatre ans, j'ai passé un an en Malaisie.
Y avait-il alors chez vous un désir
de recherche personnelle sur l'humain, ou bien la motivation était-elle
purement d'ordre professionnel ?
J'éprouvais le besoin de me reposi-
tionner professionnellement, de trou-
ver en fait une voie plus proche de
moi, plus légère. Cette démarche d'aller
ainsi vivre dans une tribu de la
jungle, d'y passer par tous les problèmes de langage, avec
le recul, je peux dire qu'en fait c'était la recherche
du père qui m'avait manqué dans ma jeunesse. J'aime
profondément mon père, mais j'ai été
longtemps en conflit avec lui et il ne pouvait être vraiment
présent lorsque j'étais enfant. Il assurait parfaitement
bien le côté matériel des choses, mais pour
le reste il était absent. Affectivement, je n'ai pas eu
de père, même si, je le constate maintenant, il m'a
donné certaines clés, et pendant longtemps j'ai
cherché à combler cette absence.
J'ai constaté qu'en général
les personnes qui ont une expérience intérieure
de la force et de la nature de celle dont vous avez parlé
tout à l'heure reçoivent une réponse à
toutes leurs
questions profondes.
Peut-être y avait-il chez moi un
besoin de partager. Quand bien même on a eu une expérience
comme celle évoquée, qui nous met en connexion,
on est dans la chair et on a besoin de partager les choses. C'est
en tout cas ce que j'éprouve. Je n'ai effectivement pas
vécu l'expérience de me retirer dans une grotte
pour vivre cela tout seul.
L'expérience dont j'ai parlé est celle
d'un éveil, c'est le début d'un chemin
conscient vers la réalisation Votre
interview d'Yvan Amar à ce propos
me parle beaucoup.
Jean-jacques Roudiere
lors
du tournage du film 'Patience brûlante" avec Christiane
Singer
Oui, mais après,
comme vous l'avez très bien dit, on est dans le service,
dans le don, et non plus dans la demande, qui s'exerçait
auparavant dans les relations et les voyages...
J'avais là simplement un besoin fort de vivre l'expérience
de la tribu, sans doute parce que je ne l'avais pas vécue
dans me famille :
être au milieu des gens, les toucher, être touché,
parler avec les yeux, avec les mains, rire avec les enfants, aller
se baigner ensemble, les accompagner à la chasse et partager
une nourriture simple. J'ai été ébloui par
la beauté de cette vie. Je n'aurai jamais cru pouvoir vivre
de façon aussi intense. J'ai découvert alors en
quelque sorte le média que j'étais, et j'ai accepté
cet élan en moi. J'ai eu à une époque une
réflexion profonde sur le rôle du média :
qu'est-ce qu'un vrai média qu'est-ce qu'être au service
en tant que média, comment puis-je l'être ?...
Je me suis mis un temps à l'écart,
mais quelque chose me faisait mal à
l'intérieur, car je n'étais pas sur ma
ligne, et j'y suis revenu en le demandant, en une sorte de prière.
Je me disais qu'avec ce que la vie
m'avait donné, je devais pouvoir trouver une idée
qui me permette de me réaliser seul, avec mes seuls moyens.
Il me fallait trouver l'idée qui soit à la hauteur
de ce que la vie m'avait donné. Les choses sont alors
venues. J'entendais en moi le conseil
de simplifier au maximum. J'ai eu
la conviction qu'il fallait procéder
ainsi, avec le maximum de simplicité,
comme par défi au système
qu'incarnait la télévision, incapable de réaliser
la même chose, tellement c'est simple...
L'idée d'une série de portraits
vous est alors venue ?
Au début, j'ai travaillé avec une
seule personne, avec laquelle j'ai fait
des brouillons, des maquettes, et j'ai eu une matière sur
laquelle travailler,
réfléchir, peiner... mais aussi être en joie.
Le potier, à un certain moment en
a assez d'imaginer des pots et il faut
qu'il touche la terre... J'ai travaillé lon-
guement avec cet homme, qui m'est
cher et au contact de qui j'ai connu un
grandir. Cette expérience m'a permis
de garder mon positionnement, de
trouver une sorte de centrage. Dans la réalisation de cette
série de vidéos, je vais à la rencontre d'un
autre, de sa différence, de tout ce qu'il est, mais en
restant moi-même, même si j'entre en complicité
avec mon sujet.
Je sentais qu'il y avait des gens por-
teurs de choses fortes, et que peu de
médias étaient à ce service. Il fallait
donner la parole à ceux qui sont por-
teurs de ces vibrations que je recon-
nais, dont je me sens également traversé. C'est
en leur donnant la parole, "l'antenne", que je m'exprime
aussi, en devenant complémentaire dans une action commune.
Suite
Je me mets au service
de personnes
qui sont elles-mêmes au service. J'ai
ainsi découvert la dimension du chevalier. L'énergie
qui me traverse, une certaine maturité, du fait de mes
rencontres avec la nature, des hommes, des femmes, mes échecs
aussi bien sûr, mes " galères ", j'aspire
à être de plus en plus attentif à la mise
en cohésion de tout cela, dans le service. Il me faut donc
chercher mes rois, mes princes...
Comment avez-vous évolué
dans le choix des personnes au service desquelles vous vous êtes
placé ?
Le fait que l'on soit centré permet
d'entrer dans l'aura de quelqu'un, d'en extraire le positif pour
soi sans pour autant se laisser " prendre ".J'ai tout
de même mis parfois du temps à revenir à moi.
C'est un peu comme tomber amoureux... A un moment donné,
avec la personne avec laquelle j'avais commencé, j'ai senti
que je ne pouvais plus avancer, et je me suis alors mis à
l'écoute d'autres personnes. J'ai rencontré Bernard
Moitessier, dont j'étais une sorte de fils spirituel, comme
tant d'autres, par la façon que j'avais eue de naviguer.
En effet, même si j'ai convoyé de beaux bateaux,
rapides, je n'ai jamais fait de course. Moitessier
exprimait simplement la beauté de la
vie. Il était très soucieux de la santé de
la planète, et participait comme il le pouvait à
l'évolution de la conscience planétaire. Il faisait
régulièrement des gestes symboliques dans ce sens,
et
c'était comme des ballons lâchés dans l'atmosphère.
Je suis sûr que certains volent encore. Nous sommes restés
longtemps en contact. Il n'a pas voulu, pas osé... Et puis
il nous a quittés. C'est au fil de cette rencontre que
j'ai véritablement posé l'axe de la collection de
films telle qu'elle est maintenant.
Chacun d'entre nous est porteur de
quelque chose, et je sais qu'au fond je pourrais tourner un film
avec tout le
monde. Je ne suis pas à la recherche
des sages, je ne suis pas forcément à la recherche
de la bonne parole...
Ce dont vous ne voulez pas,
semble-t-il, ce sont des enseignants spirituels professionnels,
mais des gens chez qui cette dimension est présente et
qui l'incarnent dans toutes sortes de domaines ?
Ce que je souhaite filmer à chaque
fois c'est cette lumière, cette grandeur d'âme qui
nous habite tous, mais il faut faire un choix car j'ai envie que
quelque chose de fort passe et que cela aide celui qui va recevoir.
Le choix de votre méthode vous
oblige à choisir des gens forts dans l'expression orale
et, automatiquement, on a affaire à des professionnels...
On est loin du cas du menuisier-ébéniste qui a une
expérience intérieure qu'il exprimerait dans son
métier.
C'est exact, mais ce cas est aussi
dans mes rêves. Je ne sais pas jusqu'où me mènera
cette collection. La porte est ouverte. De plus en plus, le silence
intervient, et il y a des silences qui peuvent être très
forts à l'image. J'essaie d'imaginer un film avec quelqu'un
qui ne parlerait pas. Que se passerait-il ?
J'essaie à travers cet outil de faire passer l'indicible.
Vous voulez faire passer l'indicible, mais
vous n'avez pas encore réussi à le faire sans les
mots...
Il n'y a pas que les mots. Je filme un
paysage humain, placé dans un
contexte très difficile. Je joue avec par la façon
dont je prépare les gens, dont je les accueille, par mon
attitude qui n'est pas la même d'un interlocuteur à
l'autre, parce qu'il se passe alors quelque chose en moi, différent
à chaque fois. J'ai commencé à filmer les
gens dans un environnement qui leur est familier, et c'est au
cours de cette expérience que j'ai décidé
de les installer dans un lieu qui leur enlève tout repère,
qui les oblige à l'humilité.
Même s'ils sont déjà humbles, cela ne peut
pas faire de mal.... De plus, parce que je tiens à la qualité
professionnelle, l'équipement nécessaire est très
lourd...
Cela tient au choix technique que
vous avez fait, puisque d'autres, avec un matériel très
réduit, parviennent à filmer des choses étonnantes
parce que très vraies.
Je me souviens de cette phrase qui
circule dans le milieu professionnel :
" Beaucoup de réalisateurs sont devenus célèbres
en prenant la caméra sur l'épaule, et le sont restés
en la posant sur le pied "... Aujourd'hui, je travaille dans
un contexte qui est le plateau de
télévision, avec l'équipe la plus professionnelle
possible. C'est ce qui permet cette ambiance particulière
où les gens sont obligés d'aller puiser dans leur
authenticité, sinon cela sonne faux de suite car rien derrière
ne vient les porter.
Comment voyez-vous l'avenir de ce
que vous faites ?
J'essaie avant tout de voir comment
je peux mieux aider, car c'est ce qui
me donne la force de continuer. Il ne
suffit pas seulement d'avoir de l'argent pour cela. Je m'offre
simplement le luxe de faire 45 mn de plan-séquence dans
une ambiance que je sacralise de plus en plus. Je mets toute mon
énergie et ma foi pour y capter quelque chose, et le transmettre
fidèlement.
FLASH
TOULOUSE
Octobre 1995
Voyage au cœur de l'humain
UNE COLLECTION VIDEO
DU REALISATEUR
JEAN-JACQUES ROUDIERE
Drôle d'aventure dans laquelle s'est lancée
Jean-Jacques Roudière.
L'Ariégeois est successivement photographe, skipper professionnel,
cadreur et réalisateur vidéo spécialisé
dans les films de montagne. Il obtient dans le domaine un réel
succès en coréalisant avec Pierre-Antoine Hiroz "je
veux le soleil debout" qui récolte 14 prix dans les festivals
internationaux. Malgré ce succès et des ventes aux USA,
en Angleterre, au Canada, il se lasse de passer son temps à chercher
perpétuellement les moyens de tourner un nouveau film. “J'avais
envie d'entreprendre une aventure plus personnelle. Je suis sensible
à la vie du monde, aux difficultés de notre époque.
Je suis persuadé que cela ne pourra changer que s'il y a un réveil
profond en chacun de nous. De là est partie l'idée d'une
collection vidéo : je me laisse attirer par des gens qui ont
une démarche d'éveil, je leur propose de prendre la parole
de manière libre. Je les filme de la manière la plus sobre
pour laisser toute sa place à leur expérience de vie”.
Une paille ! Rien de plus simple que de monter tout seul une collection,
sans réseau de distribution, sans l'appui d'une boîte de
production !
Jean-Jacques Roudière a cette passion et cette
foi qui déplacent les montagnes. A moins, tout simplement qu'il
ne se soit pas apercu que son aventure était impossible. Du coup,
il l'a accomplie. Il a à ce jour enregistré 10 cassettes.
Pour ses interlocuteurs, un sujet imposé : “à partir
de vos expériences les plus fortes, vous pouvez exposer vos prises
de consciences les plus belles, pour les autres”. Le réalisateur
choisit ses sujets sur deux critères essentiels, il faut qu'ils
aient une vie fortement ancrée dans la réalité,
qu'ils soient engagés dans le siècle, il faut qu'ils aient
également une profondeur spirituelle. “Ce sont des personnes
qui se sont imposées à moi par des lectures, ils m'apparaissent
comme des chevaliers modernes, des Don Quichotte. Ils ont un idéal
de vie. Cette collection me semble un geste utopique, idéaliste.
Elle veut interpeller les gens, dire : regardez-vous les uns les autres”.
Jean-Paul Raffit a signé la plupart des musiques originales des
génériques.
Éditions
Présence Image et Son
"Barberousse" - 09300 Benaix - France -
Tél. : 00 33 (0)5 61 01 88 36 -
Siret : 337 753 198 00023 - RM09 - APE - NAF 748A - EDV 789